Par R. Bourdeix, 17 Novembre 2019
A Wallis et Futuna, cette variété est extrêmement rare. Au niveau mondial, c’est la plus répandue et la mieux conservée, car elle sert de témoin génétique de référence dans les collections nationales et internationales.
Comment l’identifier ?
A Wallis et Futuna, cette variété est extrêmement rare. Au niveau mondial, c’est la plus répandue et la mieux conservée, car elle sert de témoin génétique de référence dans les collections nationales et internationales.
Conservation et diffusion
Dans les collections du réseau International COGENT, MYD est
conservé par 28 accessions, totalisant
plus de 16 000 cocotiers. Au moins quinze pays conservent cette variété en
collection : Bénin, Brésil, Côte d’Ivoire, Fidji, Inde, Indonésie,
Jamaïque, Mexique, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Tanzanie, Thaïlande,
Vanuatu, Vietnam et Malaisie.
En 2019; sur l'île de
Wallis, nous avons trouvé un seul cocotier (-13.317052, -176.232655) qui
présentait les caractéristiques spécifiques de cette variété. Il est planté
avec son "cousin", le nain Rouge de Malaisie, qui est bien plus
répandu sur l'île. Nous n'avons pas trouvé cette variété à Futuna.
Pour la conservation de cette variété, il est suggéré de planter
en isolation un ou deux dispositifs comprenant une trentaine de Nains Jaunes Malais,
autant de Nains Compacts Abricot ou Jaunes, et une quarantaine d’une bonne
variété de cocotiers Verts (Nain Compact ou Grand). Les semences prélevées
sur les nains seront presque toujours des nains si leur germe est jaune, et
des hybrides si le germe est vert. Les semences prélevées sur la variété
verte et germant verts seront en général soit cette variété, soit des
hybrides ; si ces semences ne germent pas vert, il vaut mieux ne pas les
planter car il s’agit d’illégitimes. Une autre solution est de disséminer une
trentaine de Nains Jaunes Malais dans des lieux et parcs publics. Les
cocotiers grandissent de 20 à 30 cm par an pendant les vingt premières
années, puis cette croissance se réduit mais reste continue.
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| A gauche le Nain Rouge de Malaisie, à droite le Nain Jaune de Malaisie, unique exemplaire trouvé à Wallis. (-13.317052, -176.232655) |
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| Nain Jaune de Malaisie. Outre la couleur et la forme des fruits, ainsi que l'aspect grêle du tronc, c'est surtout l'aspect "échevelé" et courbe des jeunes feuilles encore verticales qui est typique de cette variété. (-13.317052, -176.232655) |
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| Les fruits nous ont semblé un peu gros pour un Nain Jaune Malais, mais dans la limite de l'acceptable pour cette variété Le propriétaire a par ailleurs indiqué qu'avant ce cocotier produisait des fruits plus petits. |
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| Le tronc grêle est typique chez cette variété naine |
Un jaune tirant parfois légèrement sur le vert, correspond à la couleur des pousses, des pétioles, de l'inflorescence et des fruits immatures. Lorsque les fruits sont jeunes (6 à 9 mois), leur couleur est souvent jaune pâle avec des reflets verts. De nombreux autres nains jaunes ressemblent à cette variété, au Sri Lanka, le Nias en Indonésie, le Chowgat en Inde, le Pemba en Tanzanie et bien d'autres. Le Nain Jaune de Samoa produit des fruits de couleur jaune plus pâle et a été observé comme plus tolérant aux vents cycloniques dans la collection nationale du Vanuatu.
Parmi tous ces nains jaunes, c’est surtout la forme des jeunes feuilles qui permet de distinguer le Nain Jaune Malais. Les feuilles les plus jeunes, en haut du cocotier, ne sont pas droites mais courbées. La canopée supérieure ressemble à des cheveux en désordre. Ces deux caractéristiques sont beaucoup plus net chez MYD que chez son cousin le Nain Rouge Malais. En raison de son pédoncule court, le régime est bien soutenu par les pétioles des feuilles et apparaît comme collé au tronc.
Les techniques moléculaires (RFLP) ont confirmé que les Nains Jaunes de Malaisie et du Ghana sont identiques. En revanche, tous les cocotiers appelés « Nains Jaunes Malais » du monde pourrait ne pas être exactement du même génotype. A Wallis et Futuna, il existe un autre cocotier Nain Jaune à tronc fin qui présente des folioles fines et dont l’extrèmité des jeunes feuilles est plus droite.
Origine et histoire
Selon Gangolly et al.
(1957), ces cocotiers auraient été introduits en Malaisie entre 1890 et 1900
par des planteurs d'un lieu appelé Kryon ou Krion, qui se trouverait en
Indonésie. La variété n’a pas été introduite officiellement en Polynésie
Française. Elle peut provenir de nombreux autres pays du Pacifique comme Samoa
ou Fiji, ou elle est courante.
Production et rendement
MYD produit généralement des fruits de taille moyenne,
oblongs, pesant de 700 à 800 g. Le poids du fruit est très variable, sa moyenne
variant de 370 g (en Inde) à 1752 g (au Vanuatu) en fonction de facteurs
environnementaux. À l'intérieur des fruits, les noix sont presque sphériques et
pèsent généralement entre 350 et 450 g.
Dans des conditions moyennement bonnes, le Nain Jaune de
Malaisie commence à fleurir deux ans après la plantation et peut produire 80 à
100 fruits par an et par palmier (avec une densité de plantation de 205
palmiers par ha et sans irrigation). Au Brésil, en culture intensive avec
irrigation et une importante fumure minérale, il peut produire jusqu’à 200
fruits par arbre et par an. L'eau des jeunes noix est douce et savoureuse, mais
pas aussi sucrée que certains nains verts. L’amande est assez fine et donne un coprah
caoutchouteux, avec une teneur en huile d’environ 69%. MYD est sensible aux
conditions environnementales défavorables et à la sécheresse, et produit
souvent de façon alternative, une bonne année suivie d’une moins bonne.
Autres informations
Le Nain Jaune Malais a longtemps été tolérant à la maladie du jaunissement mortel en Jamaïque, jusqu’à ce que le pathogène évolue. Il est sensible aux maladies voisines existant en Tanzanie et au Ghana. Le réseau international COGENT recommande systématiquement son utilisation comme témoin génétique pour les expérimentations et les collections de nain. MYD est également assez souvent choisi pour développer de nouvelles technologies telles que la culture in vitro d'embryons zygotiques. Il est parent de plusieurs hybrides mondialement utilisés. On peut notamment citer l’hybride PB121, créé en Côte d’Ivoire, et l’hybride Maypan de Jamaïque. Tous les autres types de cocotiers nains sont évalués en comparaison avec le Nain Jaune de Malaisie. Il serait donc fort dommageable de laisser cette variété disparaitre en Polynésie Française. En effet, lorsque les activités de recherches en amélioration du cocotier reprendront en Polynésie Française, cette variété permettra de relier ce qui se fait au Fenua avec les recherches menées dans le reste du monde.
Références
Pour plus d’information et d’images, voir:
Gangolly SR, Satyabalan K, Pandalai KM. 1957. Varieties of
the coconut. Indian Coconut Journal 10:3-28.
De Nucé de Lamothe M, Rognon F. 1977. Les cocotiers nains à
Port Bouët (Côte d’Ivoire). I. Nain Jaune Ghana, Nain Rouge Malaisie, Nain Vert
Guinée Equatoriale et Nain Rouge Cameroun. Oléagineux 32:367- 375.




